Agapes Bibliques Fiche #2

 

PRELIMINAIRES

BIBLE ET REVELATION

  1. 01.  LA BIBLE  est un collectif de livres qui contient la REVELATION DE DIEU aux hommes. La Bible est l’héritage tant du judaïsme que du christianisme. Les chrétiens ne peuvent lire la Bible sans la base de la foi juive en la  révélation de Dieu à son peuple. Ce que nous avons en partage est cette foi de tous les fils et filles d’Abraham. Et ici, nous avons Abraham comme le modèle de croyant tant pour les juifs, les chrétiens que pour les musulmans.
  1. 02.  Histoire Sainte

Cette foi s’inscrit dans une histoire appelée « histoire sainte », parce que Dieu se révélant à l’humanité à travers le peuple juif, se fait connaître comme un Dieu Sauveur et libérateur, comme un Dieu source de la vie.

« Nous vous annonçons la vie éternelle, qui  était auprès du Père et qui nous est apparue, afin que vous soyez vous aussi en communion avec nous, et que notre communion soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ » (1 Jn 1,2-3).

  1. 03.  Nature et objet de la révélation biblique

« Faire connaître le mystère de sa volonté » (cf. Ep 1,9) : par le Christ, Verbe fait chair, les hommes ont, dans le Saint-Esprit, accès auprès du Père, et deviennent participants de la nature divine (cf. Ep 2,18 ; 2 P 1,4).

La vérité profonde aussi bien sur Dieu que sur le salut de l’homme, c’est par cette révélation qu’elle resplendit à nos yeux dans le Christ, qui est à la fois le médiateur et la plénitude de la révélation tout entière.

  1. 04.  Le mystère de la divinité

Dieu est le créateur, il crée par son Verbe (cf. Jn 1,3) ; il conserve toutes choses, il présente aux hommes dans le monde créé un témoignage durable de lui-même (cf. Rm 1,19-20). Il veut ouvrir le chemin du salut éternel, et dès l’origine il s’est, à coup sûr, manifesté dès  l’origine à nos premiers parents. Il est le Dieu qui n’a pas voulu les abandonner en leur faisant la promesse de la rédemption et a fait naître en eux l’espérance du salut. Cela veut s’inscrire dans une belle histoire entre lui et l’humanité.

  1. 05.  Le Christ achève la révélation

Mais après avoir à maintes reprises, et sous diverses formes, parlé jadis par les Prophètes, Dieu, « en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils » (He 1,1-2). Il a en effet envoyé son Fils, c’est-à-dire le Verbe éternel qui éclaire tous les hommes, pour habiter parmi les hommes et leur faire connaître les secrets de Dieu (cf. Jn 1,1-18). Jésus-Christ donc, le Verbe fait chair, envoyé « comme hommes aux hommes », «  parle les paroles de Dieu » (cf. Jn 3,34) et achève l’œuvre du salut que le Père lui a donnée à faire (cf. Jn 5,36 ; 17,4). Il est l’Alliance nouvelle et éternelle.

 

LA REVELATION BIBLIQUE : PAROLE DE DIEU ET PAROLE HUMAINE

Dans ces préliminaires à l’étude d’ensemble de la Bible, précisons quelques données indispensables pour la bonne intelligence de son message.

  1. La Bible est porteuse de la Parole de Dieu. Mais cette parole est tout à la fois parole humaine et parole divine. Il ne peut en être autrement pour qu’elle nous soit accessible comme parole dans l’histoire.

« Ce qui est fondamental au long de l’Ancien Testament, c’est que Dieu vient rencontrer l’homme dans cette dialectique de l’histoire vers cette rencontre décisive et totale où Dieu se fait homme. Lire un passage de l’Ancien Testament qui témoigne de cette rencontre entre Dieu et l’homme, c’est essayer de se mettre à la place de cet homme dans son vis-à-vis avec Dieu.[1]  »

Le lecteur sympathise en fait avec la personne qui est derrière cette parole. On s’identifie à elle. Or, il n’est pas toujours vrai que cela soit toujours ainsi. Il arrive que le personnage soit mystérieux, celui dont il s’agit dans cette parole biblique. Que faire alors ? On cherchera à le connaître seulement à travers les témoignages de ceux ou celles qui pensent l’avoir rencontré : ici, on ne s’identifie plus au héros mais plutôt au témoin, voire à l’ensemble des témoins, pour essayer de découvrir le héros à travers tel et tel témoignage. On se  trouve ainsi devant l’inconnu. Dieu l’inconnaissable !

Il convient de lire l’Ancien Testament « comme la plus étonnante enquête policière », selon l’expression de Daniel LYS. Pour y rencontrer Dieu. Pour comprendre non pas tant ce qu’est Dieu que qui est Dieu. Ce qu’est Dieu, c’est ce que les gens en disent, en le réduisant chaque fois à une sorte d’objet dont on parle. Mais ce qui compte c’est de le rencontrer comme personne (comme personne d’autre !) en tant que sujet avec qui on a rendez-vous. Le lieu de ce rendez-vous c’est le texte.

On ne vient pas y chercher quelque chose, mais  quelqu’un ! Dans le   texte de la Bible Dieu ne se révèle pas en soi, comme un système ou un ensemble de principes intemporels et désincarnés. Non, Dieu se révèle dans ses rencontres avec des hommes qu’il interpelle et dont le texte dit comment ils ont entendu l’interprétation et comment ils l’ont traduite pour leur temps, de telle sorte que cette parole de Dieu s’est incarnée dans l’histoire qui va vers Jésus-Christ et jusqu’à moi, lecteur aujourd’hui. Pour que la rencontre ait lieu avec moi lecteur d’aujourd’hui, je dois veiller à « ne pas confondre Dieu et la façon dont il a été compris, Dieu et les conséquences qui ont été tirées de cette rencontre, Dieu et le langage culturel dans lequel on en a parlé : parole de Dieu et parole humaine. Il faut noter cependant que ce n’est que dans des paroles humaines que retentit la présumée parole de Dieu, dans le langage culturel qu’est exprimé le message, dans les conséquences que les hommes en ont tirées qu’on peut reconstituer la rencontre, dans la façon malencontreuse dont il a été compris qu’on peut rencontrer celui qui se cache dans sa révélation[2]. »

  1. L’histoire du salut et  clefs de lecture

En entreprenant le voyage à travers le texte de la Bible, nous avons pris une option, celle de rencontrer DIEU. Le texte biblique est une parole à la fois de Dieu et de l’homme. L’homme dont il est question ici, c’est l’homme individu d’hier entendu comme une multitude, une communauté, comme un peuple. C’est l’humanité pèlerine sur la terre, depuis l’ancêtre de tous Adam jusqu’à nos jours. Et cette histoire se poursuivra après nous.  L’histoire de l’Israël des temps bibliques peut se découper comme suit[3] :

  • Les Patriarches : Abraham, Isaac et Jacob (Israël)

Le temps des patriarches débute avec Abraham au XIXème siècle av. J.-C. Il va d’Abraham à Jacob (appelé aussi Israël) et à Joseph, son fils. Joseph marque une rupture en s’installant en Egypte où il est proche du pharaon. Ses descendants ainsi que ses neveux et nièces le rejoindront dans ce pays, avant d’être bientôt asservis par le pharaon qui succède au protecteur de Joseph. Ils y perdent le goût de la liberté.

  • De la sortie d’Egypte (vers 1250) à Canaan, Terre promise (fin du XIIIème siècle).

Les « Hébreux » seront libérés, souvent malgré eux, par Moïse dont le nom, même si une ascendance lévitique lui est trouvée, est comme disjoint de la lignée des patriarches. Commence sous sa conduite, la marche de la liberté (« Exode »). Elle est inaugurée par la nuit pascale, célébrée en Egypte dans chaque maison des fils d’Israël. Le prodige du passage de la mer Rouge authentifie la mission de Moïse.

  • L’installation des tribus, période des « Juges » (1200-1030)

La schématisation du récit biblique laisse deviner deux choses. Premièrement, dès le départ  d’Egypte, le cortège qui suit Moïse ne contient pas que des fils d’Abraham. Deuxièmement, la formation de douze tribus, toutes issues de Jacob, n’est qu’une schématisation commode. Le peuple construit lentement son identité, à partir de populations ralliées à des époques variées, y compris sur le territoire de Canaan. La période dite des « Juges » (tels que Samson ou, en finale, Samuel) voit le pouvoir circuler d’une tribu à l’autre, sans jamais les rassembler toutes. L’ennemi principal est maintenant un autre envahisseur de la terre cananéenne, le Philistin. Sans la nécessité de s’unir contre lui, nous ne savons pas quand Israël aurait connu la monarchie.

  • Les Rois, le Temple, les Prophètes (1030-587) jusqu’à l’Exil

Malgré les inconvénients de la monarchie dénoncés par Samuel, l’heure de David s’est révélée être le passage décisif d e l’instabilité à l’enracinement. Le trône, la terre enfin conquise, le Temple (avec Salomon) ont symbolisé la promesse, ont offert aux yeux l’image d’un Dieu présent parmi les hommes. Israël vit les conditions communes de l’échange entre les peuples dans une « sagesse » dont Salomon est l’emblème. Israël dépasse Israël et réfléchit sur l’humain universel à travers la figure d’Adam. Qohélet appuiera (beaucoup plus tard) sur les revers de la gloire de Salomon. Dès la fin de ce règne, Israël est vite partagé en deux royautés. Au nord, séparé du trône de Jérusalem par Jéroboam, les dynasties durent peu. Elie, qui vit dans le Nord au IXème siècle, voit chavirer la fidélité de son pays au Dieu de Moïse…

La liste des prophètes continue jusqu’au VIème siècle, s’achève avec les deux prophètes qui ont subi dans leur chair le malheur d’Israël : Jérémie, Ezéchiel. Ce malheur est l’exil, autre Exode, qui va d’une image de gloire à la gloire sans image, de l’enracinement au déracinement. Le temps de la royauté aura été le temps des prophètes : ils furent les conducteurs de ce nouvel Exode en y risquant, comme jadis Moïse, leur vie. Dans le creuset du malheur, ils furent les témoins qui ont relayé l’espérance jadis donnée à Abraham pour son peuple et tous les peuples.

  • Retour d’exil, deuxième Temple, construction du Livre.

L’exil s’achève grâce au Perse Cyrus (« édit de Cyrus », en 538). Néhémie et Esdras renouent avec l’espérance. C’est alors le temps du Livre, qui se construit ou se reconstruit en même temps que se reconstitue la mémoire du peuple. Les livres des prophètes continuent de s’accroître, pour la plupart d’entre eux, après leur mort. Le Temple sera au centre de l’espace terrestre pour ceux qui n’ont pu revenir d’exil, mais le Livre les rassemblera tous, au fur et à mesure du processus qui fera de tous les livres, très anciens et nouveaux, un seul livre, la Bible d’Israël. Grâce à la monarchie et aussi grâce à l’exil, la Bible, bien loin de se confondre avec l’histoire d’Israël, dit plutôt, quasiment de page en page, l’histoire de la relation qui se construit entre Israël et les peuples, entre les fils d’Abraham  et les fils d’Adam. Travail intérieur et travail risqué. Job d’abord, mais aussi Jonas, Tobie, Esther, Judith sont des figures de frontière. Daniel (écrit autour de 164) témoigne en langage cryptique de l’expérience du martyre et de l’espérance de la résurrection.


[1] Daniel LYS, Treize énigmes de l’Ancien Testament. Col. Initiations, Cerf, Paris, 1988, p. 234.

[2] cf. D. Lys, op, p. 235.

[3] Cf. Paul BEAUCHAMP, Cinquante Portraits bibliques, Seuil, Paris 2001, pp. 7-9.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s