Pastorale des jeunes compte rendu du 10/11/2012

assemblee_patchworkJournée d’étude et de poursuite du project sur la pastorale des jeunes de Brabant Wallon

Assemblée de la pastorale des jeunes du Bw – Homélie de Mgr Hudsyn

Homélie de Mgr Hudsyn

Assemblée de la pastorale des jeunes du Brabant wallon du 10 novembre

Alors que le soir tombe sur cette belle journée, nous entendons cet Evangile d’Emmaüs. Deux quêteurs de sens se voient rejoints par le Christ. Il se mêle à leur conversation…. Et cela me fait penser à la préoccupation de Paul VI qui déjà en 1964 désirait – je le cite – « une Église qui se fait conversation. »

En contrepoint avec ce texte, nous avons chanté « la ténèbre n’est point ténèbre,

devant toi, la nuit comme le jour est lumière» (Ps 138). C’est l’approche confiante à mettre dans nos coeurs en abordant les jeunes. C’est l’approche qu’avait Jésus en abordant les disciples d’Emmaüs. Il voit leur nuit, il entend leurs questions, leurs doutes, leur creux… Mais il entrevoit aussi en eux ce qui est lumière : leur désir secret, leur attente, leur coeur prêt à s’embraser. Je crois qu’il voit déjà en eux les témoins ardents qu’ils pourraient devenir ! On peut toujours dire qu’aujourd’hui pour la foi, les temps sont difficiles en ce monde si sécularisé, apparemment si étranger au Christ. Mais un saint Paul, que devait-il se dire en débarquant à Iconium, à Corinthe ou à Athènes alors qu’il se retrouve le seul de cette ville a jamais avoir entendu parler du Christ ? Il ne s’en est pas moins lancé dans l’aventure et s’est mis à proposer l’Évangile. Nous au moins nous ne sommes pas seuls à nous risquer dans cette aventure : nous l’avons senti aujourd’hui !

Les adultes et les jeunes catéchumènes montrent bien qu’à travers l’apparent éloignement pris par rapport au Christ, à Dieu et à l’Église… il y a au plus profond de nos contemporains une attente et une soif qu’une façon d’être, une parole, une rencontre peuvent réveiller. Comme on l’a dit cela demande de notre part de la proximité, de l’attention humaine, de la justesse, de la conviction, de l’intelligence aussi, une certaine formation, mais cela demande peut-être surtout – et plus encore que cet ‘optimisme’ qu’on a évoqué – cela demande cette foi, cette conviction que Dieu ne s’est pas retiré de ce monde, que l’Esprit du Seigneur continue de travailler secrètement les coeurs et qu’il sommeille peut-être moins que nous ne le pensons dans le coeur des jeunes de ce temps.

Notre enthousiasme et notre espérance ont pour fondement cette foi, cette confiance en Christ toujours à l’oeuvre. Allons vers les jeunes, porteurs de cette bienveillance du Christ, lui dont les Actes des Apôtres résumaient l’attitude première en disant «partout faisant le bien » (Ac 10,38).

Il allait: il allait vers, et pour le coup, il a fait preuve d’une hyper-mobilité ! Il n’attendait pas qu’on vienne à lui. Il invite, il s’invite, il propose à temps et à contre temps, et sans doute – s’il l’avait pu – n’aurait-il pas craint de lancer ses appels sur le net et sur Facebook !

Car Il allait partout: il sème tout terrain, comme le semeur de sa parabole qui sème à la fois dans les ronces, sur les chemins, au milieu des pierres et dans les sillons bien préparés.

Il allait partout faisant le bien: avec cet amour sans lequel on n’est pas signe de ce Dieu qui nous envoie. Et saint Jean Bosco qui s’y connaissait pour proposer l’Évangile aux jeunes apportait cette petite nuance : « Il faut les aimer, disait-il, mais il faut faire en sorte aussi qu’ils se sentent aimés ! »

Je vous invite dans cette mission à ne pas vous spécialiser outre-mesure en avant-propos, en prolégomènes, en liminaire, en préambule et en préalable. Comme le propose un théologien qui connait bien les jeunes (Jacques GAGEY), et qui le disait à partir de la manière dont Taizé s’y prend : «

Avec les jeunes, apprenons à ouvrir la Bible avec coeur et sans tarder ; apprenons à prier clairement ; à évoquer Dieu nettement…» Cheminons, bien sûr, laissons la place au débat, écoutons mais soyons nous-mêmes dans la vérité de ce qui nous tient à coeur, dans le partage de Celui qui nous a brûlé le coeur. Ne croyons pas que le meilleur d’eux-mêmes en eux ne nous demande pas d’être conduit vers Dieu. Ne croyons pas trop vite qu’ils ne nous demandent pas secrètement d’être pour eux le visage du Christ et l’écho clair de sa Parole.

Nous ne savons pas comment grandira ce que nous semons, nous ne savons pas comment se noue l’amitié avec le Christ ; le temps de la liberté de chacun n’a pas nos horaires… Et donc allons-y semons ! Proposons ! Inventons ! Invitons ! Avec les échecs que cela peut comporter, avec nos faiblesse et

nos sarments parfois à bout de sève… mais confiants en Celui qui nous accompagne.

Avec quelque chose de cette urgence qui habitait le Christ lui-même. Cette passion était si forte en lui qu’il en mit d’autres dans le coup. Travaillons donc ensemble ; dans la diversité des lieux et des communautés que nous représentons ici, dans l’heureuse complémentarité de nos charismes. Nous ne travaillerons jamais ensemble si nous les réunissons autour de nous ! Mais c’est autour du Christ qu’il nous faut les réunir ; et pas seulement ceux de nos enclos.

Faisons aussi comme le Christ : Il parlait au grand nombre mais savait discerner les coeurs où son appel prenait racine. Il parlait à la foule mais prenait le temps aussi de réunir les Douze. Il en invitait certains à demeurer près de lui : beaucoup d’entre nous ont bénéficié de ces aumôniers ou de ces vicaires d’hier qui savaient prendre soin de ceux qui avaient soif d’une intimité plus grande avec le Seigneur. Beaucoup d’entre eux sont devenus les animateurs de la foi d’aujourd’hui et vous en êtes peut-être. Gardons ce souci et du groupe élargi, et du groupe des disciples naissant… comme le Christ l’a fait mais aussi tous les grands pédagogues de la foi.

Merci infiniment à la pastorale des jeunes et à la commission qui nous ont fait vivre ce beau moment de réflexion et de créativité en Eglise. Merci à vous qui êtes là. Je rends grâce avec dans le coeur ce que saint Luc veut dire dans un chapitre des Actes où il reprend les éléments du récit d’Emmaüs (Ac 8). L’apôtre Philippe rejoint sur la route un païen qui lui non plus n’y comprend rien au texte de l’Écriture qu’il lit. Philippe se met à discuter avec lui, il lui explique et voilà que ce païen l’invite à s’arrêter et lui demande le baptême. Puis Philippe disparait mais le païen poursuit sa route tout joyeux. Ici il n’y a qu’un disciple en présence d’un chercheur de Dieu… mais en fait dans cet échange à deux… Luc ne veut-il pas nous dire qu’ils sont comme à Emmaüs : en fait, ils sont trois. Invisible le Christ est là. Quand nous rejoignons les jeunes, quand nous échangeons avec eux quand nous leurs ouvrons les Écritures, quand nous nous attardons auprès d’eux, quand nous leur faisons entrevoir le Christ… là le Ressuscité est à l’oeuvre. Je rends grâce parce que lorsque vous le faites, c’est Lui qui le fait avec vous et par vous. Et donc merci à vous d’être ces apôtres, ces témoins indispensables au Christ, à l’Église et aux jeunes !

+ Jean-Luc Hudsyn

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